Anders gesagt = autrement dit = In other words

Peter Utz

Wir meinen Fontanes Effi Briest, Kafkas Process oder Musils Mann ohne Eigenschaften zu kennen. Doch ihre Übersetzungen ins Englische oder Französische rücken sie in ein neues Licht. Weil sie das Original "anders lesen", können wir es auch anders lesen. Die Übersetzungen entfalten seinen Sinn, statt ihn – wie es der Gemeinplatz will – zu reduzieren. In der aktuellen Übersetzungsdebatte bezieht Peter Utz damit eine neue Position: Die Übersetzer sind sinnstiftende Leser, die uns unerwartete Blicke auf die eigene Literatur eröffnen.

Entretien avec/Gespräch mit Peter Utz

par Ján Jambor*

Publié le 03/12/2007

* Ján Jambor est assistant professeur de littérature allemande à l'Université de Presov, en Slovaquie.

Français/Deutsch

Peter Utz, dans votre nouvel ouvrage Anders gesagt – autrement dit – in other words, vous partez du roman de Robert Musil Der Mann ohne Eigenschaften et de sa traduction française par Philippe Jaccottet, L'Homme sans qualité (1956); vous définissez la traduction littéraire par l'expression «autrement dit» et qualifiez le rapport entre l'original et ses traductions de «ressemblance fraternelle». Pourriez-vous nous expliquer cela plus en détail?

Dans la version française du roman de Musil, le traducteur prend la parole dès la première page, dans une expression insignifiante, mais qui, pour moi, est très importante: à la fin d'un long passage introductif consacré à la météorologie, Musil utilise l'expression «mit einem Wort» (littéralement, «en un mot», ndt ), que Jaccottet traduit en français par «autrement dit». Ce passage délibéré du traducteur vers «l'autre» constitue le point de départ de mon étude. En effet, par ce passage, le traducteur caractérise son texte comme un «autre», comme une œuvre de la différence. En même temps, il prend la parole comme quelqu'un qui «dit autrement» («Anderssager»), comme un «autre» auteur, qui, sous cette forme cachée, signe la traduction comme son œuvre propre. Or cette œuvre, la traduction, n'entretient pas un rapport quelconque avec l'original. Comme j'essaie de le montrer dans la conclusion de mon étude, L'homme sans qualités de Jaccottet et Der Mann ohne Eigenschaften de Musil sont plutôt «liés comme un frère et une sœur» («verschwistert»). Cela signifie qu'ils ne dépendent pas hiérarchiquement l'un de l'autre, mais qu'ils existent l'un à côté de l'autre, et qu'ils se «ressemblent» («sie sind sich 'ähnlich'»), comme Ulrich, le héros du roman, «ressemble» à sa sœur jumelle Agathe. Dans les longs passages de la deuxième partie du roman, dans lesquels Musil cherche à définir le rapport entre le frère et la sœur comme un rapport de «ressemblance», je lis aussi une poétique implicite de la traduction. Quand il traduit le «ressemblant» («das Ähnliche»), Jaccottet souligne aussi toujours les différences, et confirme ainsi que ce qu'il s'efforce d'atteindre dans sa traduction, ce n'est pas une identité avec l'original mais une ressemblance dans la différence.

Dans votre livre, vous comparez aussi la traduction littéraire et l'interprétation critique. Vous désignez les traducteurs comme des «surfeurs de la langue» («Sprachsurfer») et les philologues comme des «pêcheurs de sens» («Sinntaucher»). Aux Journées littéraires de Soleure 2007, ces désignations ont suscité de vives discussions chez quelques collègues (Christa Schuenke, Ilma Rakusa). Comment faut-il les comprendre? Où voyez-vous les points communs et les différences les plus importants entre ces deux approches de la littérature?

La lecture philologique et la traduction ont ceci en commun qu'elles font toutes deux partie du processus herméneutique; elles révèlent l'original en en donnant une explication. Elles sont par conséquent liées à leur époque et à la perspective choisie, et sont des processus sans fin. Les interprétations critiques, tout comme les traductions, vieillissent, raison pour laquelle les textes littéraires doivent toujours être réinterprétés et retraduits. Les traductions sont des lectures du texte source objectivées dans une langue étrangère. Les traducteurs doivent cependant lire l'original mot à mot, phrase après phrase; ils suivent la «surface de la langue» à la trace et cherchent à la pénétrer point par point. Les philologues, au contraire, analysent souvent le sens de passages ayant déjà fait l'objet de nombreuses interprétations. Or il n'est pas rare que ce faisant, ils perdent de vue la force expressive de la «surface de la langue», le rythme, le phrasé, le choix des mots et leur sonorité, toutes choses auxquelles les traducteurs doivent toujours rester attentifs. Quand je désigne les traducteurs comme des «surfeurs de la langue», c'est cette «superficialité» («Oberflächligkeit») productive de la traduction qui m'intéresse, ce qui n'exclut cependant pas qu'ils parviennent à une compréhension du texte aussi profonde que celle que les philologues ne cessent de sonder.

Vous comparez dans votre travail les différentes traductions françaises et anglaises de quatre textes très connus de la littérature allemande. Votre approche méthodologique s'écarte sur deux points des considérations traditionnelles sur la traduction. D'une part, vous ne procédez pas à une évaluation comparative des traductions pour déterminer laquelle correspond le mieux à l'original. D'autre part, vous ne lisez pas seulement les traductions à partir de l'original, mais également l'original à partir des traductions. Quels étaient ici vos objectifs? Pourriez-vous expliquer vos réflexions théoriques à l'aide de quelques exemples?

En tant que philologue, j'essaie d'utiliser le potentiel de connaissances offert par les traductions, c'est-à-dire que je lis des textes déjà presque trop connus de la littérature allemande dans le miroir de leur traduction dans une langue étrangère. Ce faisant, je laisse de côté la question de la qualité, de l'«adéquation» des traductions, qui fait habituellement l'objet de la critique des traductions. Considérant que chaque traduction est une lecture de l'original et que les différences entre ces lectures sont souvent révélatrices, je peux les utiliser pour déterminer des passages du texte source susceptibles d'être interprétés d'une manière particulière. Cela ne concerne pas seulement les mots polysémiques, comme le fameux «unheimlich», pour lequel le français et l'anglais ne possèdent pas d'équivalent direct, ce qui oblige les traducteurs à l'interpréter au moyen de périphrases. Cela vaut aussi pour le phrasé et les figures sonores du texte, ou pour le système des temps verbaux, qui, par exemple entre l'allemand et le français, oblige le traducteur à distinguer l'action principale des événements secondaires. Tout cela existe déjà dans le texte source, mais ne devient visible qu'à travers le prisme des différentes traductions.

Dans vos six thèses relatives à la dimension culturelle du traduire, vous concevez la traduction comme un «paradigme pour nos rapports avec l'étranger». Les traducteurs «lisent les cultures, ils rendent les différences culturelles lisibles». Qu'entendez-vous pas là?

La distance qui sépare les traductions de l'original est toujours culturelle. En essayant d'aborder de manière productive la différence entre les textes, j'essaie aussi d'évaluer positivement les différences entre les cultures, telles qu'elles sont formulées dans les traductions. Si je considère les traductions et l'original comme des partenaires séparés seulement par la langue mais égaux en droit et, par là, capables de dialoguer entre eux, je peux étudier ce dialogue. Je constate alors également que chaque culture est un processus, et qu'elle se modifie et se renouvelle dans l'échange avec les autres cultures. Sur ce point, le travail du traducteur pourrait servir de modèle pour aborder le rapport à l'«étranger», si actuel, et qui concerne toutes les cultures.

Vous mettez le doigt sur deux aspects négatifs de la conception traditionnelle de la traduction. D'un côté, elle est l'objet de rapports de pouvoir et de dépendance. Comment fonctionnent-ils? D'un autre côté, vous êtes opposé à l'idée d'une traduction devant être «aussi transparente que possible, et par là, invisible». Pourquoi?

Les traductions ne naissent pas dans le vide. Elles portent toujours la marque de l'image que l'on se fait d'une culture étrangère, image qu'elles influencent à leur tour. Ceci ne se déroule pas dans un libre jeu des forces. Les rapports de marché sont aussi des rapports de pouvoir; en raison de leur domination commerciale, les grandes cultures comme la culture anglo-saxonne traduisent proportionnellement peu, mais elles sont beaucoup traduites. De plus, les traducteurs sont totalement dépendants de l'éditeur, et ils travaillent dans l'ombre pour un honoraire souvent ridiculement bas. C'est là une raison suffisante pour mettre en lumière leur travail. Ils sont aussi les deuxièmes auteurs des livres qu'ils traduisent, auxquels ils donnent leur propre coloration, leur propre ton. Ils ne doivent pas cacher le caractère subjectif de leurs lectures mais le laisser voir, pour que l'on puisse les comprendre et les respecter de la même façon que l'original.

Traduction d'Yves Rosset

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*Jan Jambor ist Oberassistent fuer literaturwissenschaftliche Germanistik an der Universitaet Presov, Slowakei

Dieses Interview wurde von Ján Jambor für die slowakische Zeitschrift Svetovej literatury (Jahrgang XLIV, Heft 1, Maerz 2008) realisiert. Viceversaliteratur.ch bedankt sich herzlich mit Ján Jambor und Svetovej literatury.

Herr Utz, ausgehend von Robert Musils Roman Der Mann ohne Eigenschaften (1930-1952) und seiner französischen Übersetzung von Philippe Jaccottet (1956) definieren Sie in Ihrem neusten Buch Anders gesagt – Autrement dit – in other words. Übersetzt gelesen: Hoffmann, Fontane, Kafka, Musil (München: Hanser 2007) die literarische Übersetzung durch die Redewendung "anders gesagt" ("autrement dit") und das Verhältnis von Original und seinen Übersetzungen durch die Beziehung der "geschwisterlichen Ähnlichkeit". Könnten Sie das näher erklären?

Schon auf der ersten Seite der französischen Version von Musils Roman meldet sich an einer unscheinbaren, für mich aber entscheidenden Stelle der Übersetzer zu Wort: Musil setzt ans Ende einer langen meteorologische Einleitungspassage den Ausdruck "mit einem Wort". Jaccottet setzt hier im Französischen "autrement dit". Dieser bewusste Wechsel des Übersetzers zum "Anderen" ist der Ausgangspunkt meiner Studie. Denn mit ihr markiert der Übersetzer seinen Text als einen "anderen", als ein Werk der Differenz. Gleichzeitig meldet er sich damit auch als ein "Anderssager", als ein "anderer" Autor zu Wort, der in dieser versteckten Form die Übersetzung als sein eigenes Werk signiert. Dieses Werk, die Übersetzung, steht aber nicht in einem beliebigen Verhältnis zum Original. Jaccottets Homme sans Qualités und Musils Mann ohne Eigenschaften sind vielmehr, wie ich am Schluss der Untersuchung nachzuweisen versuche, miteinander "verschwistert". Das heißt: sie sind voneinander nicht hierarchisch abhängig, sondern sie stehen nun nebeneinander, und sie sind sich "ähnlich", so wie Ulrich, der Held des Romans, seiner Zwillingsschwester Agathe "ähnlich" sieht. In den langen Passagen im zweiten Teil des Romans, in denen Musil das Verhältnis zwischen den beiden Geschwistern als eines der "Ähnlichkeit" zu bestimmen sucht, lese ich so auch eine implizite Poetologie des Übersetzens. Jaccottet betont dabei, wenn er das "Ähnliche" übersetzt, auch immer die Unterschiede und bestätigt so, dass er in seiner Übersetzung nicht etwa eine Identität mit dem Original, sondern eine Ähnlichkeit in der Differenz anstrebt.

In Ihrem Buch widmen Sie sich auch dem Vergleich der literarischen Übersetzung und der literaturwissenschaftlichen Interpretation. Sie bezeichnen Übersetzer als "Sprachsurfer" und Literaturwissenschaftler als "Sinntaucher". Diese Bezeichnungen haben einige Kolleginnen (Christa Schuenke, Ilma Rakusa) an den Solothurner Literaturtagen 2007 zur lebhaften Diskussion angeregt. Wie sind diese Begriffe zu verstehen? Wo sehen Sie die wichtigsten Gemeinsamkeiten und Unterschiede der beiden Zugänge zur Literatur?

Gemeinsam ist der literaturwissenschaftlichen Lektüre und der Übersetzung, dass sie beide als Teil des hermeneutischen Prozesses das Original verstehend erschließen. Sie sind deshalb zeit- und perspektivgebunden, und sie sind unabschließbar. Literaturwissenschaftliche Deutungen veralten ebenso wie Übersetzungen, und deshalb müssen literarische Texte immer neu interpretiert und neu übersetzt werden. Insofern sind Übersetzungen Lektüren des Ausgangstextes, die sich in der fremden Sprache objektiviert haben. Allerdings müssen die Übersetzer das Original Wort für Wort und Satz für Satz lesen; sie folgen ihm seiner sprachlichen Oberfläche entlang, der sie an jedem Punkt nachspüren. Demgegenüber suchen die Literaturwissenschaftler häufig den Sinn der gleichen, viel interpretierten Stellen neu zu ergründen. Dabei verlieren sie nicht selten die Aussagekraft der sprachlichen Oberfläche, von Rhythmus, Phrasierung, Wortwahl und Klang aus dem Blick, für welche die Übersetzer immer hellhörig bleiben müssen. Wenn ich die Übersetzer als "Sprachsurfer" bezeichne, dann meine ich diese produktive "Oberflächlichkeit" des Übersetzens, die aber nicht ausschließt, dass sie ebenso tiefe Einsichten in den Sinn eines Textes erhalten wie die Literaturwissenschaftler, die ständig nach diesem abtauchen.

Sie vergleichen in Ihrer Arbeit die Mehrfachübersetzungen von vier sehr gut bekannten Texten der deutschsprachigen Literatur in das Französische und in das Englische. Ihr methodologischer Zugang weicht von zwei traditionellen Vorstellungen der Translatologie ab. Erstens geht es Ihnen nicht um den wertenden Vergleich der Übersetzungen mit dem Ziel festzustellen, welche Übersetzung dem Original am besten entspricht. Zweitens lesen Sie nicht nur die Übersetzungen von dem Original her, sondern vielmehr das Original von den Übersetzungen her. Welche Ziele haben Sie damit verfolgt? Könnten Sie Ihre theoretischen Überlegungen an einigen Beispielen erklären?

Ich versuche als Literaturwissenschaftler das Erkenntnispotential der Übersetzungen zu nutzen, indem ich schon fast allzu bekannte Texte der deutschen Literatur im fremden Spiegel der Übersetzungen lese. Die Qualität der Übersetzungen, ihre "Adäquatheit", welche die traditionelle Übersetzungskritik zu beurteilen sucht, klammere ich damit aus. Weil für mich jede Übersetzung eine "Lektüre" des Originals ist, und weil sich diese Lektüren häufig in signifikanter Weise unterscheiden, kann ich aus ihnen auf Stellen des Ausgangstextes schließen, die in besonderer Weise interpretierbar sind. Das gilt nicht nur für mehrdeutige Wörter, wie zum Beispiel das berühmte "unheimlich", für das es im Französischen und im Englischen keine direkte Entsprechung gibt und das deshalb die Übersetzer zu umschreibenden Interpretationen zwingt. Das gilt auch für Phrasierungen und Klangfiguren des Textes oder für das Tempussystem, das etwa zwischen dem Deutschen und dem Französischen vom Übersetzer verlangt, Haupt- und Nebenhandlungen zu unterscheiden. Dies alles ist schon im Ausgangstext angelegt, doch wird es erst im Prisma der verschiedenen Übersetzungen sichtbar.

In Ihren sechs kulturwissenschaftlich orientierten Thesen verstehen Sie das Übersetzen als "Paradigma für den Umgang mit dem Fremden". Die Übersetzer "lesen Kulturen, machen Kulturen in ihren Differenzen lesbar". Was bedeutet das für Sie?

Der Abstand, der die Übersetzungen vom Original trennt, ist immer auch ein kultureller. Indem ich die Differenz von Texten produktiv zu machen versuche, versuche ich auch die Differenzen zwischen Kulturen, wie sie in den Übersetzungen ausformuliert sind, positiv zu werten. Verstehe ich die Übersetzungen als gleich berechtigte, bloß anderssprachige Partner des Originals, die mit diesem einen Dialog führen, dann kann ich in diesen Dialog eintreten. Ich erfahre dann auch, dass jede Kultur ein Prozess ist, und wie sie sich im Austausch mit anderen Kulturen verwandelt und erneuert. In dieser Hinsicht könnte die Arbeit der Übersetzer ein Modell bilden für die aktuelle Auseinandersetzung mit dem "Fremden", den alle Kulturen führen.

Sie weisen auf zwei negative Seiten des traditionellen Verständnisses der Übersetzung hin. Einerseits ist sie von den "Macht- und Abhängigkeitsverhältnissen" betroffen. Wie funktioniert das? Andererseits stellen Sie sich gegen die Vorstellung, wonach die Übersetzung "möglichst transparent und damit unsichtbar" sein soll. Warum?

Übersetzungen entstehen nicht im luftleeren Raum. Sie sind immer geprägt von dem Bild, das man sich von einer fremden Kultur macht, und prägen umgekehrt dieses Bild mit. Das geschieht jedoch nicht in einem freien Spiel der Kräfte. Die Marktverhältnisse sind auch Machtverhältnisse; große Kulturen wie die Angelsächsische übersetzen wegen ihrer merkantilen Überlegenheit heute verhältnismäßig wenig, es wird aber viel aus ihnen übersetzt. Zudem sind die einzelnen Übersetzer ganz vom Verleger abhängig, und sie verrichten ihre Schattenarbeit häufig zu einem lächerlich geringen Honorar. Schon deshalb muss man sie aus diesem Schattendasein ins Licht rücken. Sie sind aber auch die zweiten Autoren jener Bücher, die sie übersetzen, sie geben ihnen ihre eigene Färbung, ihren eigenen Ton. Die Subjektivität ihrer Lektüren sollen sie nicht verstecken, sondern sichtbar halten, damit man sie ebenso von ihren eigenen Voraussetzungen her verstehen und respektieren kann wie das Original.